TOUT SEMBLAIT IMMOBILE

mise en scène et scénographie nathalie béasse
avec camille trophème, étienne fague, érik gerken
lumières natalie gallard
musique camille trophème

Le public vient assister à une conférence autour du conte. Ils sont trois conférenciers, ils nous racontent, ils nous expliquent, puis tout commence à glisser vers la forêt.
Ces conférenciers entrent dans leur propre récit, et deviennent les personnages de leurs recherches littéraires. Chaque événement, produit par des chutes, ouvre la porte de l’imaginaire et nous fait entrer petit à petit dans un autre espace.
Depuis des années, je construis mes pièces comme des contes, avec des chapitres, passant du réel à l’onirisme…. Toute la mythologie, le rapport à l’enfance, qui se dégage de ces récits m’intéressent. Je m’attache plus à l’imagerie et à la symbolique du conte qu’à sa forme narrative.
Pour cette nouvelle pièce, je voulais partir d’un conte. En lisant plusieurs dizaines de contes d’époques et de pays différents, j’ai réalisé que je réduisais ce que j’avais envie de dire si je m’arrêtais sur un seul et même conte. Ce qui me plaisait c’étaient certaines thématiques auxquelles j’étais sensible et qui se retrouvaient dans plusieurs histoires : la fratrie, l’abandon des enfants, la forêt, les ogres, le passage à l’âge adulte, les espaces, hansel et gretel et autres petits poucets….
Les changements d’espaces, les traversées, le trajet pour aller d’un endroit à un autre, les chemins pour s’échapper...
J’ai donc créé mon propre conte.
Je veux déconstruire le conte, le transformer, échanger les rôles. Le burlesque est là dans ce regard : pourquoi ne serait-ce pas l’ogre qui laisserait des cailloux ?
Qui raconte ? Qui est raconté ? Nous allons perturber les codes de la narration.
Le narrateur sera aussi au centre de ma recherche. Je veux approfondir ce lien avec le public avec l’oralité, avec l’adresse publique.



Nous ferons des allers-retours entre le récit adressé au public et sur ce qui se passe dans cet intérieur, dans cette maison, comme « de l’autre côté du miroir », des mises en abyme.
Cette pièce sera comme une installation, dans un rectangle de 8 m sur 6 m maximum, un décor-symbole, une machinerie invisible, faisant tomber des choses tout au long du récit et perturbant l’acteur/personnage/conteur.
Nous avons lu Charles Perrault, les Frères Grimm, Vladimir Propp…et en parallèlle nous avons regardé de la peinture, de Jérôme Bosch au romantisme, des rituels autour du costume en Afrique ou au Mexique. Tout devient matière à jouer : une table, un vêtement, une musique, pour raconter notre rapport au monde, pour parler de nos troubles d’enfant face au vide.
Nous essayons de rire de la cruauté qui se trouve dans les contes… Nous arriverons à un joyeux mélange de ces histoires.

pourquoi tout semblait immobile ?
Ce titre est venu après avoir vu une vidéo (du même titre) d’un poète sonore vidéaste Philippe Poirier, et qui me suit depuis la création de wonderful world. C’est juste avant la catastrophe, des gens, de la fumée, des pierres qui tombent, une femme, un homme, un quartier, une montagne. Ce poème est très visuel et rempli de matière minérale, il résonne très fort par rapport à mon travail, à ce que j‘avais envie de dire. Nous travaillons avant tout sur l’organique, tout part du corps, et de ce qui l’environne.
Ne jamais croire seulement ce que l’on voit, il y a autre chose derrière les images….
Cette création est une fois de plus produite par un ensemble de questions sur l’humain, sur son espace de vie, son rapport à l’autre. Avec les moyens de la scène, nous essayons de faire résonner ces questionnements, sans jamais imposer de réponses, mais faire vibrer notre perception.
Peut-on rire de nos peurs ? qu’y a-t-il derrière la forêt ? qui est l’ogre ? pourquoi des cailloux ?...

Nathalie Béasse

Coproduction
EPCC Le Quai (Angers); Le Théâtre, scène nationale de Saint-Nazaire (Saint-Nazaire); Théâtre Louis Aragon, scène conventionnée pour la danse
(Tremblay-en-France)

Avec le soutien de
de l'ADAMI la culture avec la copie privée,,Le Manège, scène nationale de Maubeuge; Nouveau Théâtre d'Angers - Centre Dramatique Régional Angers; Centre national de la danse contemporaine - Angers